Départ pour Pékin – 29/08/11
Comme
nous sommes arrivés un jour plus tôt sur Oulan-Baator, nous pouvons
partir un jour plus tôt pour Pékin ! Tout heureux de faire 3 jours à
Pékin au lieu de 2, nous nous levons tôt pour aller changer nos billets
de train ! Contrairement à ce que disait Vincent (gérant de
l’auberge !), le changement se fait très facilement et gratuitement en
plus ! PARFAIT !
Il est tôt et nous avons le temps d’aller au marché noir ! Super ! Nous prenons donc un taxi improvisé, une voiture familiale déjà remplie nous y emmène ! Le marché est immense et couvert par endroit ! Les vendeurs sont encore en train d’installer leurs étalages, mais l’on repère déjà les « rayons » : babioles, ménagers, vêtements contrefaits, chaussures, meubles, tissus, … Les vêtements traditionnels sont quand même bien cachés ! Nous les trouverons sur la fin de notre visite et ferons quelques achats !
L’heure du repas sonne ! C’est parti pour « le restau du midi » comme on l’appelle ! Où l’on est parti pour « se péter le bide » ! Tellement, que je ne peux finir mon plat !
Reste plus qu’à trouver une connexion internet pour poster nos articles sur le blog et prévenir Olivier qui nous accueille sur Pékin de notre arrivée imminente ! La connexion est tellement mauvaise, que l’accès au blog prend trop de temps ! Nous envoyons tout de même un mail à Olivier ! Et repartons déçus de ne pas avoir rempli notre mission de blogueurs ! Nous mettrons tout à jour demain en arrivant à Pékin, tant pis !
Retour à l’auberge, notre train part dans une heure et demie, juste le temps de se poser un peu, de faire les sacs et de rejoindre la gare. Seulement, à notre arrivée à l’auberge, on constate que notre linge sale que nous n’avions pas eu le temps de faire la veille et que l’on avait laissé par terre prêt à être ranger plus tard dans nos sacs, avait disparu ! Je demande alors à Tuya où il se trouve, c’est en fait la jeune femme de ménage qui les a mis à la machine à laver, alors que nous avions bien précisé à Vincent que nous ne voulions pas faire de machine ! Gentiment, Tuya arrête la machine et nous rend nos habits ! Ils ne sont absolument pas essorés et pèsent très lourd, nous prenons donc le temps de les essorés dans la baignoire et partons trois quart d’heure avant le départ de notre train. Nous sommes confiants !
Nous nous rendons à l’angle de la place Sükhbaatar pour prendre un
taxi. Les rues sont remplies de monde et il y a de gros embouteillages !
Nous attendons 10 minutes, personne ne veut nous prendre. Nous marchons
donc tout en faisant du stop en direction de la gare qui se trouve tout
de même très loin de là où nous sommes ! après de longues minutes, une
voiture s’arrête enfin, nous montrons la gare au conducteur, il a l’air
pressé et nous dit de monter dans la voiture, une fois dans la voiture,
on lui remontre le plan, il n’a pas l’air d’avoir compris où l’on veut
aller mais commence à conduire ! Il lui fallait juste tourner à droite
de là où l’on était, s’il prenait le pont en face il s’éloignait de la
gare ! Il a pris le pont en face… Il s’est donc… éloigné de la gare !
Entendant nos « non, non, ce n’est pas là » le conducteur s’est arrêté
sur le bas-côté pour relire la carte et a enfin compris où l’on voulait
aller ! Demi-tour ! Et PAF ! Nous tombons en plein dans les
embouteillages ! Notre train part à 16h30, ce qui nous laisse un quart
d’heure pour attraper notre train ! Et mouise ! J’essaie de rester
positive ! Au pire, nous pourrons prendre le prochain train un peu plus
tard pour Erlian (ville frontière chinoise) ! Quelques mètres avant la
gare nous payons notre chauffeur 7000T une course qui à la base n’en
mériterai que 2000T ! Mais tant pis, pas le temps de négocier ! 16h35 !
Arrivés à la gare, nous courons pour attraper notre train ! Dans notre
course folle, un homme se met à la poursuite de Yann et d’un air paniqué
lui dit : « Zamyd-Üüd !! Zamyd-Üüd !! » en lui faisant des gestes de la
main ! On le suit jusqu’à ce qu’on remarque qu’il nous ouvre sa
voiture ! Coup foireux, nous ne le suivons pas finalement ! Nous
retournons sur le quai, notre train et bel et bien parti… Solution de
replis ! Le train pour Erlian ! La guichetière me dit d’aller au guichet
des voyages internationaux qui se trouve plus loin. Yann revient vers
moi, suivi d’un autre homme qui veut lui aussi nous emmener à Zamyd-Üüd
pour 60000T… Soit le double de nos deux billets de train réunis ! Yann
le négocie à 40000T, c’est tout l’argent qui nous reste, et nous montons
dans sa voiture. Je me détends un peu après cette course folle !
L’homme nous demande l’argent pour faire son plein et nous reprenons la
route. Nous ne sommes pas encore sortis de Oulan-Baator que Yann me
dit : « S’il s’est foutu de nous, tu cris, tu t’énerves, tu pleurs. Une
fille ça passe toujours mieux ! » Je lui réponds un « ouioui » distrait
en pensant : « de toutes façons on se fera pas avoir! » …
Quelques mètres plus loin, l’homme s’enfonce dans un cul-de-sac,
s’arrête et nous dit de descendre en nous disant « Zamyd-Üüd !» …
QUOI ?! Nous sommes au milieu de nulle part ! Nous ne sommes même pas
sorti de Oulan-Baator que tu nous dis de descendre comme ça ?! Nous nous
échauffons un peu, et lui demandons de nous suivre à l’intérieur du
bâtiment dernière nous qui est en fait une gare annexe ! Il explique aux
guichetières ce qu’il vient de se passer, nous essayons de les prendre à
témoins, parlons en anglais et en français ! Mais aucune d’elle ne nous
comprend ! On a beau crier, faire nos yeux de cocker, écrire ou quoique
ce soit, on reste incompris ! Je sors mon portable pour écrire tous
l’argent qu’il nous a pris pour faire cette course inutile, l’homme me
le prend et appelle quelqu’un ! Mais où sommes-nous ?! Il me tend alors
le téléphone, une femme essaye de me parler en anglais à l’autre bout du
fil ! Elle ne peut pas aligner plus deux trois mots d’affilée, mais
j’espère quand même qu’elle puisse me comprendre ! La pauvre dame qui
n’y est pour rien dans toute cette histoire, je lui balance tout à la
figure : que nous n’avons plus d’argent, que nous sommes bloqués au
milieu de nulle part, que nous n’avons aucune solution pour aller à
Zamyd-Üüd, etc. Ne pouvant pas me répondre, ni nous aider, je
raccroche ! 10minutes de conversation hors forfait inutiles ! L’homme se
redirige vers sa voiture faisant mine de partir, par pitié il nous rend
10000T et part ! Nous retournons à l’intérieur de la gare pour que les
guichetières qui ont saisi la situation nous aident. Après un coup de
fil passé à une femme qui savait mieux parler anglais que la première et
avec qui Yann s’entretiendra, rien ne se passe. Nous n’avons pas plus
d’explications. Nous attendons un signe de leur part. Voyant qu’on ne
bougera pas avant qu’on nous le dise, les deux guichetières nous font
comprendre que la gare ferme et qu’on doit partir ?! PARDON ?! Nous
sommes là devant vous, vous savez qu’on a nulle part où aller et rien à
bouffer et vous nous laissez comme ça !! Entièrement indifférente à
notre situation l’une d’elle hausse les épaules signifiant : « je me
contre-fou de votre sort mes p’tits loups ! » et l’autre d’un ton agacé
nous dit : « no english ! no english ! ».
Eh bien voilà ! Nous revoilà dehors ! Coup d’chance on aperçoit un bus de l’autre côté de la rue ! Nous en attendrons un en direction du centre-ville… Quelle déception ! On s’est foutu de nous bien comme il faut ! Nous n’avons plus qu’à retourner à l’auberge avec son gérant si peu accueillant ! L’envie nous manque cruellement ! Heureusement que nous avons les 10000T que le chauffeur nous a rendu, sinon nous étions vraiment paumés dans ce coin de la ville ! Le trajet en bus est d’une longueur ennuyante ! Pris dans les bouchons ! Nous descendons à la place Sükhbaatar, là où nous avions commencé notre aventure quelques heures plus tôt, persuadés d’arrivés à Pékin la nuit passée…
Retour à l’auberge, une fois de plus. Entendre les moqueries de Vincent sur nos péripéties et au sujet de la population mongole était d’autant plus insupportable ! Mais nous rencontrons deux jeunes suisses, de retour des steppes après deux semaines à cheval ! Nous passerons une soirée à discuter avec elle, ce qui nous réconforte un peu, et nous fait oublier cette grosse déception du jour !
Maïwylou

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